La casa de la portera

Nous vivons une époque où le queer subit un processus de normalisation – voire de banalisation – qui suscite une grande controverse au sein de la communauté LGBTIQ+. “La casa de la portera” de Raúl Hidalgo est l’occasion d’apprécier un projet queer totalement authentique. De sa genèse, sa localisation, ses protagonistes, ses objectifs, … Complètement éloigné de la “culture du spectacle” que Guy Debord dénonçait dans les années 60.

“La casa de la portera” embrasse le genre de la photographie intime. Tout comme Larry Clark a dépeint en noir et blanc son univers le plus personnel à Tulsa, Raúl nous offre un regard sur les questions queer de l’intérieur, à partir de sa propre expérience et de son appartenance au collectif.

La simplicité des images – dont beaucoup sont presque minimalistes – sans artifice ni scénographie, délègue tout le protagonisme à la figure/au regard de la personne, car il s’agit de personnes réelles. Ce ne sont pas des modèles qui posent pour l’idée d’un photographe, ici le photographe de manière totalement altruiste donne tout le protagonisme à la personne que nous avons devant nous, en mettant seulement la lumière et l’obscurité de son côté. Utilisation du clair-obscur, presque comme un démiurge, dans la recherche de l’authenticité. Sans stéréotypes, sans clichés et sans rien à cacher.

Comprendre son art comme un outil de changement et de transformation sociale.

Raúl Hidalgo

Barcelona

Spécialisé dans les portraits, il travaille toujours en analogique et aime tout le processus de la photographie chimique.

Son travail est intime et empreint de poésie ; il s’inspire principalement du cinéma, d’auteurs tels que Pasolini, Bergman, Yasujiro Ozu, entre autres. La plupart de ses portraits sont ceux de la communauté LGBTQ+, d’artistes et d’amis. L’un de ses projets les plus marquants est “Shot by shot“, où il incarne des photographes et des réalisateurs de renom, tels que Greg Gorman, Bob Gruen, Sakiko Nomura, Jonas Mekas, Isabel Coixet…

Il a publié dans des magazines de mode et divers magazines d’art. Il a organisé plusieurs expositions et ses œuvres font partie de la collection permanente du XCèntric. En 2021, il a lancé son projet le plus personnel, “Desde el silencio“, où il parle de la perte imparable de son audition.

En 2022, il cofonde le collectif BLEACH avec Alex Domènech, avec lequel ils aborderont, sous forme de publications, les questions liées à l’identité et à la dissidence dans le milieu LGTBIQ+.

Torroella de Montgrí

www.museudelamediterrania.cat

Ouverture : vendredi 2 septembre à 18:30 h